24.02.2009
III) Le retour à d’anciens modes de diffusion est-il une solution? (suite)
Une orientation vers le « non-reproductible » qui semble s’imposer peu à peu
Le nombre croissant des festivals de musique, des concerts, des représentations et performances montre que tout le secteur comprend peu à peu l’importance de cette dimension.
Des organismes voient le jour pour pousser à cette orientation.
Parmi eux, l’association ArtSILO, propose une solution pour le moins avant-gardiste, en se donnant pour but de « favoriser la diffusion et la production de l’Art Libre. ». Elle se propose de faire l’intermédiaire entre artistes et public, de profiter de la diffusion massive de la musique et de justement s’appuyer sur elle pour en faire un avantage pour les artistes. Remettant en cause le système des droits d’auteur, jugés non suffisants pour la rémunération des musiciens, elle voudrait mettre en ligne encore plus d’œuvres de manière totalement libre, créer un catalogue d’œuvres pour que chaque artiste « bénéficie de la diffusion sauvage ». Pour ArtSILO cette diffusion sauvage permet une visibilité des artistes auprès des professionnels de la diffusion favorisant les contrats entre ceux-ci.
ArtSILO propose enfin trois orientations pour le secteur musical :
- Un système de dons du grand public aux artistes, organisé par ArtSILO, pour les rémunérer de cette diffusion libre de leurs œuvres qu’ils autorisent.
- Le développement de l’évènementiel et du non-reproductible par l’intermédiaire de contrats aidés par ArtSILO.
- Le développement de la « valeur de l’objet », c’est-à-dire des Cds sérigraphiés dans des boites originales… pour donner une valeur légitime et non symbolique à l’objet.
Là aussi, une nouvelle mentalité doit s’imposer. En effet, si le non-reproductible est en plein essor il faut soutenir cet essor, et assurer sa pérennité. Le secteur musical semble avoir bien compris l’importance des jeunes générations dans l’avenir de la musique, d’autant plus que cette jeune génération est une « génération internet » qui sera de plus en plus apte à télécharger librement et de moins en moins encline à consommer autrement que par internet.
Dans le secteur musical en général, on tente d’attirer les jeunes générations par la médiatisation de « jeunes stars », par la fidélisation des jeunes à toujours plus de gadgets.
Pour la musique classique, les concerts « jeune public » sont de plus en plus fréquents. On a bien compris que le maintien d’un secteur passe par sa présence dans l’esprit des jeunes générations.
Le retour au passé comme avenir pour la musique
Finalement, on semble vouloir revenir à une ancienne conception des modes de diffusion musicaux.
Au XIXème siècle, les salons musicaux permettait à l’artiste de donner une performance et d’en tirer une rémunération mais aussi d’entretenir une relation d’intimité avec son public, de donner à ses prestations un caractère inédit.
Aujourd’hui, nombre d’artistes déplorent la perte de convivialité des concerts. Le public est un public passif qui ne fait qu’assister et payer. Beaucoup d’artistes sont en faveur d’un retour aux cadres intimistes.
C’est donc une vision des siècles passés qui tendent à s’imposer dans les mentalités et ce serait finalement la conception du passé qui serait l’avenir possible pour tout le secteur musical.
Conclusion
Finalement, les dérives de la diffusion de la musique ne seraient pas un réel danger pour elle mais un moyen d’évoluer, de changer d’orientation et de revenir à des modes de diffusion du passé.
La musique qui souffrait de ce désavantage de pouvoir être reproduite à l’infini et de perdre sa valeur d’objet unique, peut donc transformer ce désavantage en une force, en valorisant son côté unique par le spectacle vivant et la relation de l’artiste au public.
23:21 Publié dans Droit de la propriété intellectuelle | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




Ecrire un commentaire