24.02.2009

II) Le cas particulier de la musique classique. (suite)

Un secteur peu touché par les stratégies marketing qui aident le marché musical en général

On a vu que le marché de la musique était menacé par la réticence du grand public à payer pour de la musique immédiatement et facilement disponible.
Face à la crise du disque qui menaçait de plus en plus le marché musical, les maisons de disques ont réagi avec de nouvelles stratégies. Elles ont fait du disque un produit de plus en plus « marketing », en le rendant attractif.

La diversification des pochettes de disque, la multiplication des photos dans les livrets, la présence de bonus dans des Cds qui se convertissent en Dvd une fois mis dans l’ordinateur, … sont autant de facteurs pour pousser le consommateur à acheter un Cd plutôt que de télécharger la musique qui s’y trouve.

La « customisation » du disque n’est pas la seule stratégie de fidélisation du consommateur aux produits du marché de la musique. On peut trouver beaucoup de « produits dérivés », signés au nom ou à l’image des artistes.


Dans le cas de la musique classique, ces stratégies marketing sont peu répandues. En effet, il n’existe pas de « starification » des artistes interprètes de musique classique ou très peu. La médiatisation ne concerne que quelques musiciens isolés à l’instar d’André Rieu, mais souvent très décriés par les connaisseurs.

Les vraies « stars » de la musique classique ne sont pas médiatisées ni adulées comme les artistes de la musique de variétés. Aussi il est difficile de trouver un marché dans des produits dérivés. Au sein de ces stratégies marketing, pour le cas de la musique classique, seule l’amélioration de la présentation de la pochette et du livret peut aider au maintien des achats de Cds. On retrouve d’ailleurs souvent des commentaires détaillés des œuvres dans les livrets des Cds de musique classique, qui peuvent pousser à l’achat du Cd plutôt qu’au téléchargement simple sur internet.
Du fait de la différence de popularité de la musique classique confrontée à la variété, les stratégies marketing employées pour celle-ci ne peuvent s’appliquer au secteur classique, rendant le maintien de sa rémunération un peu plus difficile encore.




Un style de musique peu populaire


La difficulté pour le secteur de la musique classique réside aussi beaucoup dans sa diffusion effective par les grands médias. Si la diffusion est large sur internet et encore plus disponible que d’autres styles de musique, c’est un style de musique dont on entend moins parler, qu’on entend tout simplement moins au quotidien.
Les magazines font place entière aux compositeurs actuels, mais très peu aux interprètes de musique classique (à l’exception de magazines spécialisés tels que Diapason ou Le monde de la musique par exemple).
A la télévision, sur les grandes chaînes, les programmes relatifs à la musique classique sont en grande majorité placés en fin de soirée, ou en pleine nuit. Deux exceptions uniquement : les chaînes plus spécialisées telles que Mezzo sur le cable, et les Victoires de la musique chaque année.
Enfin, seules deux radios, France musique et Radio Classique, se spécialisent dans la musique classique, tandis que toutes les autres radios ne passent jamais de ce style de musique.
Ainsi pour Andrew Clarke, critique musical au Financial Times, "la musique classique est mal équipée pour survivre dans une culture de l’instantané. Elle a, en effet, pour valeurs principales la discipline, la concentration, la recherche de la perfection, l’individualisation, la contemplation spirituelle et/ou philosophique. Pour se plonger dans la musique classique, il faut développer une sensibilité à mille lieues des valeurs majoritaires d’aujourd’hui […]. »



Le cas de la musique classique est donc délicat dans ces dérives de la diffusion de la musique. En effet, la problématique du domaine public fait oublier aux amateurs l’existence des droits voisins aux droits d’auteur et le secteur classique reste peu influencé par les stratégies marketing pouvant aider au maintien du marché du disque, et peu populaire dans les grands médias.

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