21.12.2008

Cordoba - Albéniz

Je m'aperçois que je n'ai posté aucune note sur Cordoba spécifiquement dans ce blog. J'en ai vaguement parlé dans "mes morceaux actuellement" mais rien de très précis. J'ai toujours adoré ce morceau. Cela devait faire trois ans que je le connaissais en Cd et que je l'adorais pour le contraste entre la partie sombre du début et hispanisante du reste du morceau. Le jouer m'a fait l'aimer encore plus!

J'ai eu une idée ce soir, c'est non pas de décrire le morceau ou de décrire mes ressentis sur ce morceau avec une video de youtube à l'appui comme je fais souvent: je vais plutôt tenter de vous décrire mes ressentis sur l'enregistrement que j'ai fait
(sur mon deuxième blog http://revemusical.unblog.fr/ --> enregistrement 2008: "version finale" de Cordoba):
ainsi essayer de retranscrire ce que je ressens quand je le joue, et non ce que je ressens quand je l'écoute.
Cela sera plus personnel d'une part et cela pourrait aussi rompre une certaine monotonie dans ce que j'écris sur ce blog! ;)

Cela commence par ces magnifiques accords graves et mystérieux. A ce moment là, j'essaye de trouver en moi le calme et la sérénité qu'il faut. Je m'applique à rendre ces accords les plus légers possibles techniquement, mais les plus sombres et lourds possibles mentalement. Une mélodie douce et pesante à la fois. Ce passage m'aide beaucoup pour la suite parce que son mystère me permet de rentrer dans ma bulle beaucoup plus facilement que sur un morceau qui entre tout de suite "dans le vif du sujet".

... Le vif du sujet arrive très vite. Les derniers accords, plus légers et plus innocents, un bref silence, et le premier thème s'installe soudainement, resplendissant! C'est à 1'26 de l'enregistrement et c'est un de mes grands plaisirs du morceau. Ce ré qui vient rompre le calme de ces lents accords, première note d'une mélodie en cadence avec des accords presque humoristiques à la main droite. La mélodie prend place: la main gauche et la main droite alternent dans un dialogue sans fin. Je trouve cette mélodie magnifique, il est possible de s'amuser, mais aussi de s'émouvoir sur chaque note. Pour ce passage les mots qui me viennent sont l'humour et la tendresse.
Puis la main gauche prend plus spécifiquement "la parole" avec une petite mélodie piquée (2'07) et finalement les deux mélodies (main gauche/main droite) se meurent dans quelque chose de plus lent et plus "fondu", sur une mesure seulement.... pour repartir à nouveau dans une nouvelle danse!

Le mi de la main droite annonce ce changement de thème (2'18) : on croit entendre des castagnettes (qu'est ce que j'ai lutté pour essayer tant bien que mal de donner cet effet... ^^). Pour ma part au piano, le mi et ces notes "castagnettes" sont encore un de mes grands plaisirs du morceau. J'essaye de lui donner à ce passage le caractère fier et espagnol qui lui va si bien. La difficulté est bien sur de faire cet effet "castagnettes" sous le thème lié de la main droite qui doit continuer à chanter...

Passé cela, voici un de mes passages préférés (je crois qu'il faut que j'arrête d'appeler tous les passages du morceau mes préférés...): une série d'accords à la main droite accompagnés d'un motif régulier à la main gauche (à partir de 2'30). Les nuances de ce passage sont magnifiques, car elles gagnent en intensité peu à peu pour arriver à quelque chose d'imposant.
Quand j'aborde ce passage, il m'est souvent difficile de "me contenir" car il est très tentant de partir tout de suite dans l'intensité, tellement ces accords sont magnifiques. J'ai souvent envie de les jouer "forte" trop tôt. L'effet étant plus joli ainsi, je m'applique à commencer doucement, à ne pas dévoiler tout de suite les ressources que peut avoir ce passage en termes d'intensité. Ce n'est qu'à la reprise de cette phrase (ces accords à la main droite) dans les aigus que je m'autorise à jouer plus fort et que j'essaye de donner un rendu toujours plus lyrique. Je m'étonne d'ailleurs sur l'enregistrement que le tout reste bien raisonnable (comme quoi, me contenir fonctionne!). ^^

Les castagnettes reviennent! (passage encore plus difficile que le premier malheureusement!)

Puis vient le passage que j'appelle le "moment de folie d'Albéniz" ;) (3'02). En effet, je trouve que c'est une série d'accords qui n'ont rien à voir entre eux (j'exagère...), et qu'il faut jouer en rythme avec des pizz' étranges à la main gauche. C'est un des moments les plus intenses du morceau, en tout cas pour moi qui joue. A ce moment, je joue sans avoir le temps de penser! Finalement cela perd peut-être en musicalité, mais je suis simplement la folie que m'évoque ce passage! :)
Pour autant j'adore le passage qui vient juste après (3'23), très fier, très imposant et une fin de phrase grandiose. A jouer, c'est très agréable (quant je ne fais pas d'erreur sur la dernière note ce qui m'arrive souvent!) parce qu'on sent une certaine puissance à aller vers cette fin de phrase... J'ai le sentiment de ne pas être très claire dans cette explication mais c'est vraiment ce que je ressens.

Un silence magique pour retourner à de timides accords... Le retour au thème principal me permet de "revenir au calme" après de tels passages. Albéniz créé une variante plus nostalgique de ce premier thème, comme pour annoncer la fin du morceau dans son ensemble. Une nouvelle fois repris, le premier thème finit l'oeuvre, et deux accords marquent la touche finale: toujours dans l'humour et la tendresse...

...définitivement les deux mots qui me viennent le plus à l'esprit lorsque je repense à ce que je ressens quand je joue ce morceau.

Commentaires

Bravo autant pour ton interprétation que pour "l'interprétation de ton interprétation".
C'est génial à suivre.
Je retiens que tous les passages sont tes passages préférés, c'est cool ça !!!
En tout cas, il y a une grande joie de vivre dans ton interprétation, elle donne le sourire.
C'est vrai que c'est très beau cette musiique espagnole.
Félicitations, et joyeuses fêtes.

Ecrit par : mylène | 23.12.2008

Merci beaucoup!
(oui tous les passages sont mes préférés parce que je suis complètement amoureuse de ce morceau! :) )
Joyeuses fêtes à toi, et à bientôt

Ecrit par : Senne, la proprio du blog | 23.12.2008

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