27.07.2008

Nouveau blog!

Eh non, je ne crée pas un nouveau blog en abandonnant lâchement celui-ci, mais je crée plutôt une annexe à mon blog adoré Rêve musical, que j'aime tant, et ce malgré des tentatives de déstabilisation déplorables de la part d'un lectrice qu'on ne citera pas! ^^

Pour en savoir plus, rendez vous ici: http://revemusical.unblog.fr/

(Pour faciliter l'accès à l'avenir, j'ai aussi mis un lien vers ce nouveau blog dans la colonne de gauche.)

17.07.2008

Master class à la Charité sur Loire

Me voilà revenue de la master class autour de Messiaen au festival de la Charité sur Loire.
J'aurais vraiment voulu que cela dure plus longtemps! Arrivée le mardi soir, je suis repartie le mercredi soir, mais nous avons fait tellement de choses que j'ai l'impression d'avoir passé trois jours là-bas!

D'abord un mot sur le festival de la Charité sur Loire. j'ai trouvé l'ambiance très positive, conviviale... on a envie d'y retourner et je le ferai sûrement! Très jolie ville d'abord et puis accueil adorable de tous les organisateurs.
J'ai aussi discuté avec le directeur artistique du festival de cette année et ce qu'il me disait m'a beaucoup plu. Sa volonté: essayer de faire de ce festival un évènement convivial qui donne l'accès de gens simples à de la grande musique jouée par de grands artistes. Aussi donner l'occasion à de jeunes futurs professionnels de se perfectionner, de participer au festival... Beaucoup de projets pour ce festival en outre puisqu'ils sont en travaux et que des salles de concerts sont prévues même pour accueillir des orchestres. C'est une évolution que je pense que je vais suivre à partir de maintenant car il y a un énorme potentiel dans ce festival, cela se sent, et je pense que cela peut être très intéressant.

Maintenant mon séjour plus particulièrement. Le mardi soir, nous (les élèves de la master class) avions accès à tous les concerts du festival. Nous avons donc assisté aux deux concerts de ce soir là: celui de Christopher Alcocer (Albéniz et Scarlatti et première partie, sonate en si mineur de Liszt en deuxième), et celui de Michaël Levinas (Beethoven, Chopin, Liszt, Ravel, et ses propres compositions). J'ai particulièrement aimé les Albéniz de Christopher Alcocer malgré une gestuelle que j'ai trouvé assez surprenante. Et sa sonate en si mineur était comme je l'aime, avec une tension indescriptible du début à la fin...
Pour Michaël Levinas, c'est la sonate opus 110 de Beethoven qui m'a le plus convaincu. Je trouve que le pianiste a su mettre une ambiance très intime dans la salle et c'est ce qui m'a plu.

Le lendemain nous commencions la journée par la master class. J'ai donc joué mon Messiaen (Prélude "Instants Defunts") puis la professeur m'a donné le cours devant un "public" de 15 personnes environ.
Nous étions 4 élèves en tout. Cela a été très intéressant car j'ai pu vraiment arrêter de suivre scrupuleusement la partition, prendre quelques libertés et ainsi me lâcher un peu plus dans l'interprétation, bien écouter les couleurs des accords, etc...

Le midi, nous avons mangé avec les organisateurs et les pianistes des récitals que nous avions vu la veille, c'était très sympa.
L'après-midi, nous avons vu un petit concert "Jeune public". Beaucoup d'enfants étaient là et c'était dur pour certains d'entre eux de rester concentrés! Le programme était vraiment bien, c'était la professeur de ma master class qui jouait, et elle a interprété Chopin, Messiaen et Albéniz. ça m'a fait vraiment plaisir d'entendre à nouveau du Albéniz car on en entend pas tant que ça dans les concerts.

Après avoir visité un peu la Charité sur Loire, nous avons été enfin aux concerts du mercredi soir. Le concert quatre-mains est sûrement celui qui m'a le moins plu. Mais d'un autre côté je connaissais beaucoup des oeuvres du programme par coeur et je n'ai pas été très convaincue par leur interprétation.Bien sur, ça reste un très joli programme et concert.

Le dernier concert du soir a été LE concert de l'année pour moi! Nous avons décidé de rester pour le voir à la dernière minute parce que la professeur de la master class nous l'a conseillé. Nous avons bien fait! C'était Thierry Rosbach qui jouait du Schumann et du Debussy. Dans le programme de la première partie, j'ai adoré les "Clair de lune" et "Passepied" de la Suite Bergamasque. J'ai été marquée par la façon dont le pianiste arrivait à capter voire fasciner l'auditeur aussi facilement... En deuxième partie, il a joué l'ensemble des pièces du Carnaval de Schumann. Il y a eu des pièces magnifiques, et toujours cette capacité de capter l'auditoire...

Tonnerre d'applaudissement à la fin de ce concert.
Bien sur, un bis... Il joue une valse de Chopin.
Deuxième bis... Il joue le nocturne opus posthume de Chopin.
...
Troisième bis!... Il joue pour finir la première pièce des "Scènes d'enfants" de Schumann.

Je suis sortie toute chamboulée de ce concert, et ravie de ces deux jours!

13.07.2008

Mes morceaux en ce moment!

Cela fait longtemps que je n'ai pas mis à jour cette rubrique.
Qu'est ce que je joue en ce moment?

Après avoir bossé et re-bossé le premier mouvement de la sonate en la majeur de Schubert (je n'arrive toujours pas à atteindre ce que je voudrais faire dessus, mais je crois que j'ai été au bout de mes capacités d'interprétation pour le moment...), je me suis attaquée au deuxième mouvement. C'est sur ce mouvement que j'ai compris ce qu'était qu'un morceau "difficile musicalement". Rien de technique dans ce morceau, et pourtant... impossible de le jouer correctement. Impossible d'y mettre l'émotion nécessaire, la profondeur qu'il faut. Plus je le travaillais, plus je comprenais TOUT ce qu'il fallait mettre dans ce morceau au niveau interprétation, et cela me semblait de plus en plus difficile. J'avais de plus en plus l'impression de faire injure au morceau en le jouant ainsi! C'est la première fois que je suis exigeante avec moi même sur un morceau. D'habitude, si je n'arrive pas à faire exactement ce que je pense nécessaire, je "me pardonne" en quelque sorte, et je fais de mon mieux.
Sur ce morceau, impossible. J'avais l'impression que Schubert allait se retourner dans sa tombe si je continuais à jouer sans l'émotion nécessaire.
Alors j'ai arrêté de le travailler finalement, je préfère attendre d'avoir progressé et de savoir comment l'aborder vraiment correctement. Mais je suis contente d'avoir découvert quelque chose de difficile uniquement musicalement. C'est ce que je trouve passionnant dans la musique en fait, cela va bien au delà d'une performance technique.

Je me suis mise aussi à l'adaptation d'après A.Marcello du concerto en ré mineur de Bach (le mouvement Andante).
Je ne sais pas si certains s'en souviennent...
http://fr.youtube.com/watch?v=3E1ZIRm7FtU&feature=related

Après quelques difficultés de mémorisation, rythmes, et autre, j'ai un plaisir fou à le jouer maintenant! Je l'ai vraiment dans les doigts et du coup je peux me laisser aller à l'interprétation uniquement, sans être préoccupée par des considérations techniques. C'est un morceau tellement calme et serein... C'est un réel bonheur à jouer. J'en ai déjà parlé dans ce blog donc je vous renvoie à la note le concernant.

Enfin, le nouveau morceau que je joue est un morceau de Messiaen, un prélude nommé "Instants défunts". Je le joue car je participe très bientôt à une master class sur Olivier Messiaen. Il faut avoir préparé un morceau de lui pour y participer et il faut bien sur qu'il soit archi-prêt!
Donc je joue Instants Defunts, et le plus difficile, là aussi c'est l'interprétation. Je n'avais jamais abordé ce style avant et c'est difficile de rentrer dans une ambiance particulière sur un style inconnu. J'ai un peu de mal à "rentrer dans le morceau" et à en faire quelque chose de cohérent.
Je ferai une note spécifique sur ce morceau après la master class, parce que je pense que j'aurai alors beaucoup de choses à dire en plus de celles que je pourrais écrire maintenant.

11.07.2008

Concert au café musical Vissi d'Arte

J'ai été à un concert hier dans un petit café musical. C'était une amie clarinettiste qui jouait et je venais la voir, elle jouait avec ses amies. Il y avait deux flutes traversières, un piano et une clarinette.
Elles ont vraiment bien joué!... et j'ai pu découvrir de nouvelles oeuvres.

Le programme:

C. Saint-Saens:Tarentelle pour flute,clarinette et piano
R. Schumann: Fantasiestuck pour clarinette et piano
J. Mouquet: La flute de pan (flute et piano)

W.F. Bach: Sonate pour deux flutes
F.Poulenc: Sonate pour clarinette et piano
F.Doppler: Rigoletto Fantaisie pour deux flutes et piano

Je connaissais la Tarentelle, c'est vraiment un beau morceau. La "flute de pan" était un très joli morceau aussi.

J'ai particulièrement adoré le Poulenc et le Doppler.

Le Poulenc avait un deuxième mouvement à tomber tellement c'était beau et un troisième mouvement très énergique et joyeux. Ma copine clarinettiste a eu l'air de vraiment s'éclater sur ce morceau!
Un petit extrait de youtube pour donner un aperçu de ce mouvement si joyeux:
Poulenc - Sonate pour clarinette et piano --> écouter

Le Doppler, je ne connaissais pas du tout et c'était quelque chose d'assez original... Comme l'indique le titre, c'était une fantaisie sur des thèmes de Rigoletto. On a pu reconnaitre les airs d'opéra pendant le morceau.

En définitive un très joli concert, la découverte d'un café musical très sympa, ... une bonne soirée!

07.07.2008

Le Taon - Chostakovitch

Je me suis achetée un "Best of" Chostakovitch (oui je sais bien, les compiles c'est nul, mais il fallait que je commence par quelque chose avec Chostakovitch parce que je le connais encore trop mal et je voudrais approfondir ensuite... la compile est un prétexte pour m'y mettre!).
J'aimerais vous parler aujourd'hui d'une oeuvre que je ne connais pas du tout, en réalité je n'ai que deux "extraits" de l'oeuvre (l'oeuvre regroupe plusieurs morceaux et je n'en ai que deux d'entre eux), mais ils me plaisent tellement que je me permets de parler d'une oeuvre que je ne connais pas sur juste deux morceaux que je connais!
De toute façon je fais ce que je veux, c'est mon blog. ^^


Pour l'oeuvre dans son ensemble, la seule chose que je sais est qu'elle s'appelle "Le Taon" et que c'est une "suite symphonique" (op.97a ?), écrite pour la musique du film d'Alexander Feinzimmer.
Le premier morceau de l'oeuvre qui est dans ma compile s'appelle "Romance" et le deuxième "Fête folklorique" (déjà on situe mieux le style de chacun, deux esprits radicalement différents). J'aurais voulu trouver des extraits sur Dailymotion ou Youtube, ça aurait été plus facile ensuite de voir de quoi je parle pour ceux qui ne connaissent pas, mais je n'ai rien trouvé. Il y a un morceau de Chostakovitch qui s'appelle "Romance" sur ces serveurs mais ce n'est pas celui dont je parle. Si quelqu'un connait un peu mieux l'oeuvre et peut nous donner des précisions en commentaire, ce serait avec plaisir!

Je commence par "Fête folklorique" car je voudrais m'attarder sur la "Romance" ensuite.
Dans ce morceau, un seul mot me vient à l'esprit: "rapide"! C'est un morceau qui m'évoque la vitesse, non par son tempo, mais parce qu'en l'écoutant, on a l'impression qu'on va s'envoler et filer comme une flèche, ou alors qu'on est sur un cheval galopant à toute allure! Il me donne vraiment un sentiment de liberté...
Tous les instruments de l'orchestre jouent avec un entrain extraordinaire, et je pense à l'instant que ça doit être quelque chose de diriger un orchestre sur un tel morceau. Les vents et les violons s'échangent les rôles et se répondent, les percussions jouent beaucoup de rôle dans l'aspect un peu féerique...folklorique! Le morceau me fait aussi penser aux musiques de dessins animés américains, c'est vraiment l'esprit de la musique de film par excellence.
J'aurais beaucoup de mal à décrire précisément le morceau tant son contenu me parait fourni.




La "romance" me touche énormément. Cela commence par le chant d'un violon accompagné doucement par l'orchestre. Ce chant, je le qualifierais de paisible. Il m'évoque simplement une sérénité absolue, ni bonheur excessif ni douleur intense, c'est un chant calme et mesuré, qui évoque un bonheur simple, une paix intérieure... Ou alors, aussi bizarre que cela puisse paraître, cela m'évoque quelque chose de lumineux, mais pas une lumière aveuglante, une douce lumière comme celle du matin.
Ce chant s'étend sur une minute trente environ, prenant un peu d'ampleur, de profondeur et d'âme (le violon me semble de plus en plus "impliqué" dans sa musique peut-être par les nuances, le registre qui s'élève...).

Puis il continue mais il me semble qu'il y a un changement de tonalité qui présage le ton futur du morceau. Le chant devient plus "inquiet", mais toujours de manière calme. Une résolution plus heureuse nous fait oublier cette inquiétude... Pour la laisser revenir aussitôt de manière plus soudaine. C'est l'orchestre qui prend alors la parole de façon bien plus inquiétante que précédemment, par un chant grave, un violon soliste qui s'est tu. Tous ensemble les cordes font monter ce chant menaçant de plus en plus présent. Lentement il s'installe et puis tout à coup la tonalité change encore et une lueur d'espoir apparait, le chant n'est plus tellement menaçant mais plutôt majestueux. On hésite entre l'inquiétude et l'admiration...

Enfin, le premier thème revient de manière majestueuse... Ce n'est plus le violon qui le chante mais l'orchestre tout entier! Le bonheur que ce chant évoque me semble plus affirmé ici, moins modeste. On dirait la consécration du bonheur discret du thème du violon du départ, après la menace du milieu du morceau... Comme un soulagement.

02.07.2008

Alfred Brendel, hommage.

Alfred Brendel joue un impromptu de Schubert (cliquer pour écouter)

Quand j'écoute cela, je ressens une grande émotion. Comment peut-on jouer quelque chose avec une telle profondeur, faire passer l'émotion si distinctement?... La puissance du vécu d'artiste peut-être.

Il y a quelques semaines, j'ai découvert cette video et j'ai réalisé tout à coup qu'il fallait absolument que je le vois en concert avant qu'il ne s'arrête de jouer. Un telle légende, ça ne se rate pas quand on vit à son époque... C'était malheureusement trop tard... Je me suis achetée le magazine "Diapason" l'autre jour, dossier spécial piano, et j'ai appris un peu tard que Brendel fait actuellement sa tournée d'adieux (pourquoi je ne l'apprends que maintenant, allez savoir...), et bien sûr, les concerts restants sont archicomplets depuis longtemps.

Je n'ai plus qu'à pleurer sur mon sort et me dire que je n'aurais jamais pu voir une légende de la musique. Si seulement j'y avais pensé avant... J'avais oublié qu'il fallait se dépêcher avant qu'il ne prenne sa retraite, et c'est au moment où j'y pense qu'il s'arrête justement!

Evidemment l'article fait l'éloge de sa tournée d'adieux. Il parait qu'il joue la sonate "quasi una fantasia" de Beethoven, la sonate en si bémol de Schubert (oooh mais pourquoi je l'ai raté?...), et entre autres, le mouvement lent du Concerto italien de Bach, du Liszt, et pour finir... "un impromptu en sol bémol de Schubert à fondre en larmes" selon l'article (cf la video)... J'imagine à peine l'ambiance dans les salles de concert quand il pose la dernière note de l'impromptu. ça doit être magique et désespérant à la fois...



Toute cette petite note pour rendre hommage à un pianiste exceptionnel.
J'avais déjà écrit beaucoup sur lui, sur mes ressentis par rapport à sa gestuelle particulière, aujourd'hui je ne fais qu'écouter sa sensibilité extrême, sa manière si juste de la transformer en musique.

Un morceau pourtant connu de tous mais ici il nous parait neuf, il nous parait unique. Je ne peux m'empêcher d'avoir une boule dans la gorge quand j'écoute cela, parce que l'émotion est présente à chaque note, et même à chaque silence. Je suis abasourdie de voir comme un artiste peut jouer quelque chose d'aussi pur et d'aussi vrai, comme il peut à ce point rendre à la musique sa véritable nature.

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