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05.01.2008

L'étude révolutionnaire de Chopin

Voici dans quelles condition a été composée l'étude révolutionnaire de Chopin (selon le livre de Mélisande Chauveau (Petits prodiges de la musique - L'enfance divine des musiciens de Mozart à Gershwin) dont je parle dans les livres que j'ai eu à Noël):
Le passage de ce livre raconte l'enfance de Chopin, enfant prodige, amoureux de la musique, de son instrument, mais aussi de son pays. Il vit en Pologne avec sa famille qu'il adore, il y rencontre ses amis d'enfance, et son premier amour: Constance Gladkowska. Malgré le mal dont il souffre et qui l'emportera plus tard ne l'empêche pas de se révéler en tant qu'artiste. Pourtant c'est hors de Pologne qu'il peut se faire réellement entendre et obtenir du succès, vivre de son art même s'il est musicien "par amour de l'art". Une première tournée est triomphale (Vienne, Prague, Dresde...). Ici, je m'arrête et simplement vous recopie le livre de Mélisande Chauveau:

"De retour à Varsovie un terrible dilemme l'obsède: partir ou rester? Il sait qu'il n'a pas d'avenir musical en Pologne et que s'il veut faire carrière il doit aller à Paris. Paris dont le seul nom fait rêver le monde entier. Malgré son amour pour Constance, malgré ses amis, malgré sa famille qu'il adore, il décide de partir.
Le 1er novembre 1830 il s'embarque dans la diligence qui le conduira tout d'abord à Vienne. Son vieux professeur Elsner a composé une cantate en son honneur et un groupe de musiciens escorte le jeune homme en chantant. Frédéric est livide. On lui remet une coupe d'argent remplie de sa terre natale. Il éclate en sanglots. C'est en arrivant à Vienne que Chopin apprend la terrible nouvelle: la guerre a éclaté dans son pays et l'armée russe a envahi Varsovie. Il lui est dorénavant impossible de retourner chez lui, de retrouver les siens. Chopin, déjà malade, impuissant et désespéré devant cette situation, trouve un ultime refuge dans son piano: il s'asseoit au clavier et d'un jet compose la célébrissime Etude Revolutionnaire."


Etude Revolutionnaire --> écouter

J'ai écouté cette étude après avoir lu ce passage et les larmes me sont montées aux yeux directement. Je crois que jamais plus je ne l'écouterais comme avant. Immaginer Frédéric Chopin, amoureux de son pays comme personne se retrouvant exilé, immaginer son desespoir, sa peine de ne plus jamais revoir sa famille, son pays, son amour, et se dire que "d'un jet" il a composé cette étude drammatique... C'est magnifique et c'est à la fois insupportable.

La fin de l'histoire de "l'enfance" de Chopin se termine juste après avec ces phrases:

"Il poursuit sa route vers Paris. Et malgré le succès et la gloire qui l'attendent en France, Chopin sera désormais toute sa vie un exilé. Quel était cet étrange pressentiment, avant son départ, qui lui faisait écrire Titus: "J'ai le pressentiment que si je quitte Varsovie je ne reverrai plus jamais ma maison. Je m'imagine que je pars pour mourrir.". Frédéric Chopin ne revint jamais chez lui. Il mourrut à Paris le 17octobre 1849."

22:20 Publié dans Chopin | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note

Commentaires

C'est probabement l'étude de Chopin la plus engagée. Elle est à mettre en rapport direct avec le contexte historique, à savoir la chute de Varsovie. Chopin réussit le coup de génie de transposer en musique son terrible désespoir.

On rentre tout de suite dans le sujet avec cet accord, tel un cri de désespoir (qu'on peut se permettre de jouer FF), suivi de cette descente acrobatique de la main gauche fantastique déferlante de notes, qui balaye tout sur son passage comme un ouragan. Du début à la fin, la tension ne faiblit pas. C'est un morceau très puissant.

Et en plus cette étude permet de développer la virtuosité de la main gauche, les attaques de la main droite, et les chromatismes !

Ecrit par : LVBFC | 11.01.2008

Oui c'est exactement cela et le morceau se finit comme sur un "coup de tête". Comme si Chopin avait jeté son désespoir et sa colère dans ce morceau et puis derniers accords d'un coup et je l'immagine se lever de son piano après ces dernières notes, comme si le morceau n'avait été qu'un élan de désespoir, un "élan" virtuose et exceptionnel...

Ecrit par : Senne, la proprio du blog | 12.01.2008

Bonjour,
je ne connaissais pas l"histoire de ce morceau que j'essaye d'apprendre depuis presque un an. Je suis complètement passionné par cette musique. J'imagine bien, maintenant, Chopin, écrivant nerveusement cette musique, sliencieux, en s'interrompant pour pleurer ...

Ecrit par : Benjamin | 01.06.2008

C'est tout à fait ça. J'ai pensé la même chose quand j'ai lu cette histoire.

Tu es courageux d'essayer d'apprendre ce morceau! Surtout si ça fait un an que tu persévères!
Bon courage en tout cas (et bienvenue sur le blog).

A bientôt,
Senne.

Ecrit par : Senne, la proprio du blog | 02.06.2008

Bonjour Senne,
je te remercie pour ton encourragement. En fait, je ne suis pas trés fort en piano (jamais pris de cours "académiques"), je ne connais pas l'études harmonies, etc ... mais j'adore ça ! C'est vrai que je souffre beaucoup sur cette étude révolutionaire !
Bravo pour ton blog,
Benjamin

Ecrit par : Benjamin | 02.06.2008

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