11.06.2008
L'art... un échappatoire?
Que faîtes vous quand vous êtes déprimés, lors des coups durs dans la vie?
J'ai remarqué que pour ma part, il existait trois échappatoires... La musique, l'écriture et ... le chant.
La musique, évidemment, me fait entrer dans un autre univers et me fait oublier tout ce qui me préoccupe.
L'écriture, - j'ai découvert récemment son pouvoir sur moi - , m'a toujours aidé lors de certaines remises en question. Ecrire pour soi simplement, tout ce qui passe par la tête, écrire ses soucis ou ses doutes... C'est incroyable comme cela soulage.
Enfin, et cela c'est une découverte toute récente, le chant est un échappatoire assez puissant... Je ne chante jamais en public. Comme pour l'écriture, je chante pour moi uniquement (en m'accompagnant au piano, quel bonheur!). C'est fou comme cela défoule... (je songe à me mettre aux cours de chant l'année prochaine...)
Est-ce parce que le fait de chanter permet de sortir une énergie particulière? J'ai l'impression que le chant est un véritable sport!... En chantant j'ai la nette sensation de sortir une énergie de moi-même mais sans bouger. Et puis, sûrement, le chant inclut une certaine émotion, celle de la musique, et en cela il est un véritable échappatoire.
Est-ce simplement l'ensemble des arts qui nous permet d'oublier nos problèmes? Je n'ai pas encore testé le dessin ou la peinture (je suis complètement novice...) mais j'imagine que cela procure les mêmes sensations lorsqu'on a quelque chose à "sortir" de nous.
L'art c'est avant tout l'expression des sentiments et bizarrement, au lieu de nous enfoncer dans nos sentiments de tristesse ou de doutes, il nous permet de les oublier et de s'en libérer. Je trouve cela assez impressionnant quand j'y pense. Il est universel mais tellement personnel. Il est le plus haut degré de l'expression des émotions et pourtant il nous en libère. Je pense qu'il doit être un autre type d'expression des émotions, une manière de les exprimer qui n'est pas la même que quand on parle ou se lamente à propos de quelque chose. L'art, exprime bien quelque chose, tout comme la parole. Mais son pouvoir est au delà de tout autre moyen d'expression sur notre esprit.
17:45 Publié dans *Reflexions* | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
15.03.2008
Perfectionnisme et confiance...
En ce moment, avec ma "nouvelle prof remplaçante" (remplaçante mais nouvelle remplaçante lol), nous travaillons toujours cette sonate en la majeur D664 de Schubert, toujours le premier mouvement et je le trouve toujours plus magnifique.
Avec cette prof, j'ai découvert une nouvelle façon de travailler... travailler le plus petit détail le plus précisément possible et jusqu'à être satisfait de son interprétation à chaque note...
Perfectionniste? ça elle l'est, et je crois ne jamais avoir rencontré quelqu'un d'aussi perfectionniste et pointilleux de ma vie. Cela pourrait être considéré comme un défaut mais plus j'avance en piano et plus ça me semble une immense qualité, du moins dans le domaine de la musique.
Dans cette sonate, je travaille donc avec elle les points techniques, mais surtout la gestuelle et l'interprétation. Par exemple, imaginer de n'être plus pianiste mais chef d'orchestre, prendre du recul par rapport à ce que l'on joue, pour imaginer que c'est un orchestre qui le joue. Chipoter sur trois pauvres petites notes répétées, mais qui ne sonnent toujours pas "exactement" comme il faudrait ("ce n'est pas "la la la", c'est "la la la" tu vois?".... Même avec l'intonation de la voix, la différence est difficile à sentir...). Je me concentre énormément en cours pour y arriver et c'est vraiment passionnant de voir que l'on peut faire quelque chose sur de si petits détails...
Travailler en fermant les yeux, s'éloigner du clavier, remonter le siège pour mieux sentir les bras qui jouent (et non les doigts!), exagérer certains gestes, réfléchir et murir les propositions que ma prof me fait pendant la semaine... autant de pratiques pour une seule chose... améliorer une petite phrase, une petite intention au début d'une phrase, trois notes seules, une main droite pas encore "exactement" assez dissociée de la main gauche...
Cela paraît peut-être ridicule de s'acharner à vouloir améliorer la moindre petite chose... Moi je trouve cela passionnant de voir à quel point on peut pousser loin un morceau, mais aussi la réfléxion sur ce morceau. Car nous parlons beaucoup de "philo" avec cette prof, elle me sort énormément d'images rigolotes ou philosophiques pour m'aider à comprendre. Et finalement, je me prête au jeu de faire tout ce qu'elle me dit. Même si cela m'aurait parut bizarre auparavant, je fais confiance et m'applique à reproduire et surtout sentir ce qu'elle m'explique... Comme par magie... cela fonctionne et je sens une différence qui n'est peut-être pas audible pour un tiers (car c'est toujours du détail), mais tellement évident pour elle et moi, et tellement plaisant de voir que les ressources d'apprentissage sont infinies!
Ainsi pour moi il faut plus d'une qualité au véritable artiste: perfectionnisme (pour le goût du détail...qui fait toute la différence!), rigueur (pour n'en délaisser aucun et ne mépriser aucune manière de progresser), confiance (pour apprendre toujours plus au contact des artistes, écouter et appliquer, mais aussi pour ne pas "se juger" quand on apprend comme me le dit cette prof), curiosité (car les ressources de l'apprentissage sont infinies) et passion (sans elle, les autres me semblent insuffisantes).
"Le mieux est l'ennemi du bien"? ... Désolée mais selon moi ça ne marche pas pour le piano!
18:24 Publié dans *Reflexions* | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
28.02.2008
Ecoutons...
Suite à une discussion très interessante sur la musique, j'ai eu envie d'écrire ces pensées, ces pensées que je muris depuis deux ans en fait mais qui ressortent aujourd'hui (encore une de ces petites notes sur mes réflexions sur la musique ou sur l'art).
Quand on joue, on ressens la musique, on essaye de faire passer des sentiments ou on en éprouve, tout cela, j'en ai déjà longuement parlé dans mes premières "réflexions". Mais quand on écoute, cela me parait être le même phénomène. ça parait simple dit comme ça, mais on pourrait croire que quand on écoute de la musique ce sont les sentiments du compositeur (mais aussi du musicien par son interprétation) qui nous parviennent.
Moi je pense que ce sont les notres qui nous parviennent même à ce moment là. Nous aimons une musique quand elle retranscris un sentiment que nous même nous comprenons. C'est encore quelque chose de personnel, une histoire de coeur en fait car chacun trouve en la musique sa propre histoire... C'est pourquoi à mon sens, il y a tant de divergences entre les gens qui aiment Chopin, les autres Ravel, les autres Bach... La personne avec qui je discutait me disait: "Nous trouvons chez certains les mots justes". C'est exactement la formulation de mon avis. Dans l'oeuvre des compositeurs, ce que je trouve beau en fait, c'est cette capacité de mettre tous leurs sentiments dans une oeuvre et de les faire passer si distinctement. C'est à mon sens une belle preuve de ce que peut apporter l'art à l'artiste et même au mélomane. Mais tous ces sentiments sont différents et nous les percevons tous différemment, selon notre vie, notre histoire, nos ressentis.
C'est d'ailleurs bien pour ça que "les goûts et les couleurs ça ne se discute pas"!
Pourtant, j'ai aussi l'impression qu'en "formant" notre oreille musicale, en écoutant encore et encore, on finit par comprendre de plus en plus de choses... Il suffit de voir toutes les notes où je suis revenue sur mes positions dans mes goûts, tous les compositeurs que j'ai finis par aimer ou les morceaux que j'ai pu réellement comprendre à force de longues écoutes. Cela est surement du au fait que chez certains compositeurs les sentiments sont "mieux cachés". Je trouve passionnant de s'attacher à les découvrir, de rechercher au plus profond de l'oeuvre ce que l'auteur a voulu dire, mais cela ne peut se faire que par de longues heures, mois ou même années de recherche. Ce qu'il faut faire ... écouter.
11:00 Publié dans *Reflexions* | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
30.09.2007
Tout est-il aimable?
Après mes révisions de jugement sur Bach, voilà que d'autres se présentent à moi! En écoutant un CD "compile de morceaux classiques" la semaine dernière, je me disais à la fin d'un morceau inconnu "Tiens en voilà un très joli, mais de qui est-ce?"...Haendel! C'était "L'harmonieux forgeron" de Haendel! Et voilà encore mes préjugés forgés sur la base de seulement quelques morceaux écoutés qui s'effondrent! Idem avec Mendelssohn récemment.
En ce moment, je me rends compte que sans savoir quel est l'auteur, mon jugement étant dépourvu de préjugés, j'aime beaucoup de choses que je pensais ne pas aimer.
Mais j'ai surtout la sensation que plus on avance, plus on écoute de musique, plus on aime de choses qu'on aimait pas avant. A mon sens, c'est parce que l'on forge notre esprit à comprendre les oeuvres, et quand on les comprend, on les aime. Seulement, certaines oeuvres sont difficiles à comprendre (surtout les contemporaines qu'on ne comprend pas encore et les trop vieilles qu'on ne comprend plus). D'où l'engouement pour le romantisme, encore "facile" à comprendre.
C'est là que se pose mon questionnement. Vu l'évolution grandissante de mes goûts au contact de la musique depuis quelques années, vu la façon dont je comprend de plus en plus les oeuvres et ressens leur émotion...Dans quelques décennies, finirais-je par tout aimer?
10:40 Publié dans *Reflexions* | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
11.08.2007
Une réflexion sur la musique...et l'Art
Suite de ma petite réflexion juste en dessous...je réfléchis beaucoup sur le sens de la Musique en ce moment, sur ce qu'elle apporte.
"L'Art n'est point là pour procurer la richesse. Soyez un noble artiste, et le reste vous sera donné par dessus le marché." (Schumann)
Cette phrase m'a mis les larmes aux yeux! C'est là toute la beauté de l'Art et donc aussi de la Musique.
Elle n'a pas d'intérêt, ne procure rien de matériel, rien de visible... tout se situe tellement au-delà! Elle procure simplement le Bonheur de ressentir le Beau, les émotions, et de les exprimer. C'est être en contact avec le Beau, par le biais de la musique, on touche le Beau du bout du doigt et c'est une chose inestimable. On ne peut pas la comparer, ni la choisir avec autre chose.
L'apport spirituel de la musique est en moi, comme ancré dans mon âme. C'est tellement difficile de mettre des mots sur les effets de l'Art! C'est quelque chose qui me semble comme d'un autre monde et donc indéfinissable! On ne peut qu'approcher la réalité en définissant ce monde avec des mots. En moi tout est parfaitement clair et j'essaie de le conceptualiser car je sens que c'est quelque chose de beau et de pur...Mais les effets de l'Art sur l'âme sont-ils conceptualisables?
Je ne le pense pas, ou alors très peu, de manière imprécise, comme je m'efforce de le faire depuis quelques temps.
Je suis heureuse d'avoir découvert ce monde, le vrai Art et ce qu'il produit en l'homme, j'aimerais tellement le partager, mais la seule façon de le faire, ce n'est pas en parlant, avec des mots ou des concepts, mais en ouvrant l'âme d'autrui sur l'Art. Il n'y a qu'en lui même que l'autre pourra faire le chemin qui le mènera à cette chose mystérieuse qu'est le Beau, cet autre monde qu'est l'Art ou plus précisémment la Musique.
15:15 Publié dans *Reflexions* | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
07.08.2007
Petite réflexion sur la musique...
Je vous fait part d'une réflexion que j'ai eu, j'espère ne pas vous ennuyer, mais je ne sais pourquoi je voulais rendre cette réflexion publique, car c'est sûrement la plus poussée que j'ai eu sur la musique... du moins dans mon esprit, ça a fait tilt quand j'ai réfléchi à tout ça.
Hier, j'ai joué la Rhapsodie hongroise n°5 de Liszt (toujours la même, MA petite rhapsodie!...), en essayant de la jouer avec le plus de sentiments possible, de rentrer dans ma "bulle"! (je suis dans une période "pause-piano" après le stage et donc je joue vraiment uniquement pour me faire plaisir en ce moment, je ne travaille pas).
ça a marché, j'ai exprimé pleins de choses à la fois. Chant grave, nostalgie, re-chant grave, passion, pureté, torrent de passion, pour finir sur ce sentiment si particulier que j'ai trouvé hier en jouant... comme une résignation après la bataille. Comme le chant se fait encore plus grave dans les dernières mesures de ce morceau, c'est comme si on assistait à un abandon, et même un découragement (face à la mort inéluctable peut-être? Ce chant grave évoque beaucoup le cortège et la marche funèbre...)...comme si la voix passionnée (juste avant ce dernier passage grave) avait combattu toujours plus, pendant tout le morceau en alternance avec ce chant lugubre qui tentait de reprendre la parole encore et toujours, et qu'après ce torrent de passion, son dernier effort, le dernier soubre-saut d'amour qu'il lui reste, le chant grave avait gagné, finalement.
Il est si grave, qu'on sent jusqu'à nous le désespoir de la voix passionnée qui a perdu son combat, qui se tait à présent. Quand j'ai ressenti tout cela en jouant hier, cela m'a mis les larmes aux yeux. C'est la première fois que je mets de réels sentiments sur ces mesures. Habituellement, je suis tellement crevée par le "torrent de passion" avant, un peu technique, que je me repose sur les dernières mesures. Mais là j'ai trouvé comment exprimer un sentiment jusqu'au bout, jusqu'à la dernière note...
Après cela, j'ai pensé que la musique, c'était un éternel combat entre l'amour et la haine. C'est souvent l'amour qui est représenté, et des sentiments face à la haine. Ainsi, on retrouve l'amour, le bonheur, l'insouciance, la passion, la fierté, la légèreté, la douceur... mais parfois la nostalgie, le désespoir, la peine, la colère, le questionnement...tous en réaction à la haine. La haine en elle-même n'est jamais exprimée. Ce sont d'autres sentiments, d'impuissance, de réaction face à elle qui nous touchent.
La musique c'est l'amour, le rejet de la haine, la musique c'est la douceur inexplicable de l'expression des sentiments... comme si la musique avait une bonté d'âme, et comme si elle donnait un moyen pour l'homme d'édifier l'amour et tous les sentiments qui sont en lui!
Finalement, jouer, écouter, composer, c'est une seule chose à la fois... la musique c'est aimer.
18:20 Publié dans *Reflexions* | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
